Gras, sel et sucres : un enjeu de santé publique
Les modes de vie et l’offre alimentaire évoluent : nous sommes amenés à prendre de plus en plus de repas en dehors du domicile ce qui provoque une simplification des repas. Nous faisons une consommation trop élevée de gras, de sel et de sucres.
Tout cela contribue, avec un niveau d’activité physique quotidien insuffisant, à l’apparition de certaines pathologies –maladies cardiovasculaires, cancers, obésité, diabète et ostéoporose– aujourd’hui très répandues.
L’alimentation des Français
Entre 1960 et 2006, les Français ont modifié leur comportement alimentaire. Si nous consommons moins de pain, pommes de terre, légumes secs, oeufs, lait, farines, riz, pâtes et graisses brutes, et buvons moins d’alcool, nous consommons davantage de plats cuisinés, produits sucrés, confiseries, pâtisseries et boissons sucrées, produits laitiers et produits « santé-forme».
Par exemple, la consommation de sodas a augmenté de 4,5 % par an et de 3 % pour les biscuits et pâtisseries entre 1960 et 2000. En 2002, les Français mangeaient quinze fois plus de yaourts et de desserts lactés et 3,4 fois plus de fromage qu’en 1960. Toutefois, souligne tout de même le communiqué du ministère, « des améliorations du comportement alimentaire sont notées sur la dernière période (1999 à 2007), qui correspond à la mise en oeuvre du Programme national nutrition santé » (PNNS).
- la consommation de fruits frais ou transformés a augmenté de 16 % chez les adultes et de 12 % chez les 15-17 ans. 43 % des adultes et 20 % des enfants consomment au moins 5 fruits et légumes par jour ;
- la consommation de sucres et ses dérivés (sucre de table, confitures, miel et confiseries) a diminué de -24,5 % chez les adultes et de -27,5 % chez les enfants ;
- la consommation des viennoiseries, pâtisseries et biscuits sucrés a diminué de 9 % chez les 15-17 ans et de 19 % chez les 3-14 ans ;
- la consommation d’aliments dits de « snacking » (pizzas, sandwiches, etc.) s’est stabilisée chez les adultes et les 15-17 ans.
Les principales pathologies liées à une alimentation trop grasse, trop salée ou trop sucrée
Les principales pathologies liées à la nutrition (à savoir l’alimentation et l’activité physique) sont l’obésité, le diabète, le cancer, l’ostéoporose et les maladies cardiovasculaires. La nutrition n’est pas le seul facteur déterminant de ces pathologies, mais c’est un facteur sur lequel il est possible d’intervenir, collectivement et individuellement.
La prévalence de l’obésité et du diabète est élevée :
- 16,9 % de la population adulte, soit un Français sur six, est obèse ;
- 2,4 millions de Français sont soignés pour un diabète (80 % des diabètes de type 2 peuvent être attribués à l’obésité).
Les campagnes de communication successives de l’Inpes font la promotion des repères de consommation du PNNS ; trois d’entre eux concernent le gras, le sucre et le sel.
Le gras
Les Français mangent trop gras. L’apport moyen de lipides recommandé pour un adulte est de 30 à 35 % des apports énergétiques totaux (AET). Chez les Français de 18 à 79 ans, il est au dessus de ce chiffre (39 %). Cet apport est stable depuis 1999 mais 33 % des adultes et 23 % des enfants en consomment beaucoup trop (40 % de leurs AET sont apportés par des lipides).
Les matières grasses sont des éléments essentiels. Très énergétiques, elles apportent des vitamines liposolubles et des acides gras qui sont nécessaires à la bonne constitution de nos cellules. Il existe différents types d’acides gras :
- les acides gras « insaturés » qui se trouvent dans les huiles (colza, olive, noix…), les oléagineux (avocat, noix, noisettes...), dans certains poissons (saumon, maquereau, sardine…) et certaines viandes. Ils contribuent, dans une certaine mesure, au bon fonctionnement du système cardiovasculaire ;
- les acides gras saturés qui se trouvent surtout dans les produits d’origine animale (fromage, beurre, crème fraîche viandes grasses…) mais aussi dans les viennoiseries, les pâtisseries, barres chocolatées, biscuits (sucrés et apéritifs), les produits frits ou panés, dans de nombreux plats tout prêts et certaines huiles (palme). Leur consommation en excès favorise les maladies cardiovasculaires ;
- les acides gras trans dont il possible d’identifier la présence dans les aliments transformés par le terme « huiles (ou graisses) partiellement hydrogénées ». Il est recommandé d’en réduire la consommation car en excès, ils favorisent les maladies cardiovasculaires.
Un module de comparaison des aliments est mis en ligne sur le site www.mangerbouger.fr à partir du 2 novembre 2009. Il a pour objectif d’aider la population à choisir ses aliments selon leur teneur en gras, en sel ou en sucre.
Baptisé « Machine À Décoder les Aliments Mystérieux » (MADAM), ce module fournit des informations sur un grand nombre de familles de produits (céréales, fromages, plats cuisinés…), et renseigne plus précisément sur leurs teneurs en lipides, en sel et en sucres. Il s’agit simplement de donner des repères de consommation au quotidien.
Source : www.senioractu.com